2. Homestead et l’attentat contre Frick. 1892 – 1900

Henry Clay Frick était le directeur de l’aciérie Homestead Steel Works de Homestead (Pennsylvanie) dont Andrew Carnegie était propriétaire. La convention collective en vigueur prend fin le 30 juin 1892. Le syndicat Amalgamated Association of Iron and Steel Workers demande une augmentation de salaire, ce que refuse la direction. Le 29 juin, Frick impose un lock out à l’usine. Le 5 juillet, 300 agents de l’agence Pinkerton débarquent à Homestead pour reprendre les installations. Dans la bataille, 7 ouvriers sont tués, ainsi que 3 agents de Pinkerton.

La fin de la grève est votée le 21 novembre. Elle est un échec. Le syndicat était démantelé et les salaires plus bas que ceux proposés au départ dans la nouvelle convention collective par la Homestead Steel Works. 1

Berkman voyait dans cette grève un moyen de diffuser les idées anarchistes. Avec Goldman, il souhaite se rendre à Homestead. Mais l’intervention des Pinkerton ruine leur plan. Avec Modska Aronstam, ils décident alors de s’attaquer à Henry Clay Frick. Il se rend à Pittsburgh le 14 juillet, où il est hébergé pendant une semaine par deux anarchistes proches de J. Most, Henry Bauer et Carl Nold, 2

Le 19 juillet, il se rend dans les bureaux de Frick, demande à le voir, mais un employé lui répond que celui-ci, occupé, ne peut le recevoir. Il revient le 21, puis le 23. où il fait irruption dans le bureau de Frick et fait feu par deux fois sur lui. Il est aussitôt maîtrisé et arrêté. Frick n’est que superficiellement blessé.

San Francisco Call 24/07/1892

Après sa tentative d’assassinat ratée sur Frick Berkman fut mortifié par les critiques soulevées par son acte dans le milieu anarchiste, y compris chez les « partisans de la propagande par le fait » 2. Ainsi Johann Most, mentor de Berkman dès son arrivée aux USA, qui écrivait dans Freiheit, en 1885 « Alors, notre question est celle-ci : quel est la raison d’être de la menace anarchiste – œil pour œil, dent pour dent – si elle n’est pas suivie d’actions?  »

Most condamna l’acte de Berkman qui ne pouvait, selon lui, qu’attirer la sympathie sur Frick, allant jusqu’à sous-entendre que les deux hommes s’étaient mis d’accord pour mettre en scène la tentative d’assassinat ratée. Goldman, devant le refus de Most de prouver ses accusations, se rendit à l’une de ses conférences, munie d’une cravache. Devant un nouveau refus de Most de lui adresser la parole, elle le frappa au visage, brisa la cravache en plusieurs morceaux et lui jeta à la figure.

« Mais lorsqu’il a tourné le dos devant l’acte de Alexandre Berkman, un acte de « propagande par le fait » qu’il avait lui même si souvent glorifié avec enthousiasme à d’autres occasions,nous avons été stupéfiés. Je ne pouvais alors ni comprendre ni pardonner ce qui me semblait être une trahison de tout ce que l’homme avait si éloquemment et passionnément défendu pendant des années. J’ai été remplie d’amertume envers mon ancien professeur, et j’ai joint ma voix à celle de ceux qui le vomissait. Son propre calvaire spirituel fait comprendre bien des choses et la complexité de la nature humaine devient plus claire avec les années qui s’accumulent. ». 3

Goldman avait 23 ans, Berkman 22. Ils découvraient l’anarchisme et avaient eu pour mentors deux des hommes les plus virulents de l’époque, aux États-Unis, Most et Peukert, partisans de la « propagande par le fait ».

Cette forme d’action a connu son apogée entre la fin des années 1870 et la fin des années1880, début des années 90 en France , entre les attentats de Ravachol, en 1892 et l’assassinat du président de la République Sadi Carnot en juin 1894.

Dans le journal Le Révolté du 25 décembre 1880, dans un article intitulé « L’action », écrit :

« Notre action doit être la révolte permanente par la parole, par l’écrit, par le poignard, le fusil, la dynamite… Nous sommes conséquents et nous nous servons de toute arme dès qu’il s’agit de frapper en révoltés. Tout est bon pour nous qui n’est pas la légalité »  Il abandonnera cette position par la suite en écrivant « Un édifice basé sur des siècles d´histoire ne se détruit pas avec quelques kilos d’explosifs. » 4

Le Congrès international, à Londres, en juillet 1881 avait également affirme » la nécessité de joindre à la propagande verbale et écrite la propagande par le fait ». 5

L’idéalisme débridé de la jeune Goldman et le fanatisme de Berkman, entièrement dévoué à la « Cause », ne pouvaient que les attirer vers ce genre d’acte. Ni l’un ni l’autre n’avait conscience qu’une (courte) époque se terminait et que le mouvement anarchiste avait abandonné ce type d’action, y compris Johann Most. Si celui-ci avouait haïr Berkman, sa condamnation de l’acte n’était pas du à cette haine, ni un revirement subi, mais à une réflexion commencée après le drame de Haymarket et aboutie avant l’acte de Berkman:

« Il n’y a pas plus grande erreur que de croire que nous, anarchistes, avons seulement besoin de commettre un acte quelconque, peu importe quand, où et contre qui. Pour avoir un effet de propagande, un acte doit être populaire . . . . Si ce n’est pas le cas, ou si il est, en réalité, sujet à la désapprobation de la partie de la population qu’il est censé inspirer, l’anarchisme se rend impopulaire et haïssable. Au lieu de gagner de nouveaux partisans, il en perd. » 6

Berkman, peu après son arrestation, a rencontré en prison Jack Clifford, un ouvrier de Homestead, qui attendait son procès pour voir jeté de la dynamite sur les barges des agents de Pinkerton. Celui-ci rejeta les justifications de Berkman sur son acte. Les ouvriers de Homestead ne croyait pas à l’assassinat comme mode d’action. Ils n’avaient pas voulu la violence de la grève et respectaient la loi. « La grève n’était pas l’affaire de Berkman. Il n’avait fait que causer du tort à aux ouvriers avec son acte brutal ».  7

L’attentat était condamné de toute part, et en premier lieu par les médias qui firent de Berkman « le stéréotype de l’assassin anarchiste étranger », comme l’écrit Avrich . Berkman lui, refusait de considérer son acte comme un échec. « Lorsque Emma mentionna dans une lettre son « échec pour tuer Frick,” Sasha se vexa « Pourquoi parles-tu d’échec? Ton jugement ne devrait pas être obscurci par le seul résultat physique. Ta lettre me peine et m’afflige au-delà des mots”. 8 Mais il fut réconforté par le soutien de Kropotkine :

“Berkman a plus fait pour répandre l’idée de l’anarchisme parmi les masses qui ne lisent pas nos journaux que tous les écrits que nous pouvons publier.Il a montré qu’il existe parmi les anarchistes, des hommes capables d’être révoltés par les crimes du capitalisme au point de sacrifier leur vie pour y mettre fin, ou du moins montrer une voie pour cela. Et il a prouvé que nos martyrs de Chicago n’étaient pas les derniers des Mohicans du mouvement anarchiste en Amérique. » 9

Après l’attentat, Goldman emménagea chez sa grand-mère du côté paternel, Freda Goldman, qui tenait une épicerie dans la Dixième Rue Est à New-York. Comme toujours dans ce cas, la police soupçonna un complot, mais fut incapable de prouver son existence en reliant l’attentat aux colocataires de Berkman et à leurs camarades. Goldman se sentait coupable envers Berkman :

“J’avais préparé l’attentat avec lui ; je l’avais laissé partir seul. J’ai essayé de me débarrasser de ce sentiment de culpabilité mais cela ne m’apportait pas le repos.” 10 Elle combattit cette culpabilité en organisant un fonds de soutien pour collecter de l’argent qui permettrait à Berkman d’adoucir ses conditions de détention. Et elle se sentait obligée de défendre son acte envers et contre tout, alors même que le milieu anarchiste était partagé.

Condamnation et prison

Fidèle à lui-même, Berkman refusa l’assistance d’un avocat.

“Cela ne sert à rien de gaspiller de l’argent pour des avocats. Il peut être mieux dépensé pour la propagande révolutionnaire, »écrivit-il à Goldman, en lui demandant également d’arrêter de collecter des fonds 11

Son procès commença le 19 septembre 1892. A l’énoncé des accusations retenues contre lui, Berkman plaida non coupable et nia avoir bénéficié de complicités. Il lut une longue déclaration, rédigée en allemand, puisqu’il ne maîtrisait pas encore suffisamment l’anglais, que traduisait un interprète incompétent. Un journaliste présent a décrit « un flot de phrase dénué de sens au grand dégoût de toutes les personnes présentes dans la salle ». Sa déclaration fut interrompu au bout d’une heure, avant la fin par le juge. Le procureur Burleigh déclara que la culpabilité de l’accusé était évidente et le jury alla dans son sens et Berkman fut condamné à 22 ans de prison. Le procès avait duré quatre heures. Lorsque le juge McClung lui demanda si il voulait dire quelque chose, Berkman répondit : « Je ne m’attendais pas à une justice et je ne l’ai pas obtenue ».

Peu après son incarcération au Western Penitentiary de Pennsylvanie, à Allegheny City, il écrivit à Goldman pour lui demander de lui faire parvenir clandestinement une capsule de dynamite, décidé à se suicider de la même manière que Louis Lingg la veille de son procès après l’attentat de Haymarket. Il demanda une permission de visite pour une sœur mariée, habitant Varsovie, qui ne pouvait pas rester longtemps aux États -Unis . C’est ainsi que Goldman se présenta au pénitencier sous l’identité de Sonya Niedermann, le 26 novembre 1892 mais sans apporter la capsule . Elle ne le reverra plus pendant neuf ans, une seconde visite sous le même pseudonyme ayant été déjouée par un gardien qui avait reconnu Goldman et Berkman se vit interdit de visites pour une durée indéterminée.

Carl Nold et Henry Bauer qui avaient hébergé Berkman à Pittsburg à la mi juillet 1892 furent à leur tour condamnés à cinq ans de prison et incarcérés dans le même pénitencier que Berkman. Les trois hommes entrèrent bientôt en communication par des notes qui devinrent un journal clandestin circulant dans la prison, “Prison Blossoms« (Fleurs de Prison)

Inévitablement, Berkman s’opposait de plus en plus avec l’administration pénitentiaire et en subissait les représailles. On lui interdit de recevoir des publications radicales et son Prison Blossoms fut saisi. Il était fréquemment envoyé au cachot, sous régime de pain sec et d’eau. Il fut souvent placé en cellule d’isolement, une fois pendant une durée de seize mois.

En 1897, alors qu’il était dans se cinquième année de prison, les soutiens extérieurs de Berkman redoublèrent d’efforts pour obtenir sa libération, ce qui s’&vérait difficile. Le refus obstiné de Berkman de faire appel à un avocat lors de son procès lui interdisait maintenant de demander une réduction de peine. La seule solution qui s’offrait à lui était d’être gracier après avoir effectué les sept premières années de sa peine, ou cinq ans avec bonne conduite. Goldman commença alors à réunir des soutiens en vue de demander la libération anticipée de Berkman. Parmi les signataires de la pétition, Harry Kelly, secrétaire de la Central Labor Union de Boston, qui allait devenir unami pour le restant de ses jours. D’autres syndicats apportèrent leur soutien.

Mais la requête fut rejeté en mai 1897 par le Board of Pardons, la commission chargée des grâces et libérations conditionnelles. Pour Berkman, une évasion apparaissait comme la dernière solution, lorsqu’en 1899, tous les recours avaient été épuisés. Il avait déjà échafaudé un plan avec Nold et Bauer avant leur libération, qui consistait à louer une maison face à la prison et de creuser un tunnel jusqu’au mur est de la prison.

En mars 1899, Goldman se vit offrir l’occasion de suivre une formation en médecine en Suisse. Mais avant son départ prévu en novembre, elle entreprit la collecte de fonds en vue de l’évasion de Berkman, sous le prétexte d’un nouvel appel auprès du Board of Pardons

Le plan d’évasion fut lancé en avril 1900 par la location d’une maison au 28, Sterling Street, au nom de Mr.et Mrs.Thomas Brown, en réalité Eric Morton et Vella Kinsella, deux camarades anarchistes.

Des mineurs italiens avaient été embauchés pour creuser le tunnel jusque dans la cour de la prison, près de l »écurie. Une fois le tunnel terminé, Berkman devait enlever le plancher et pénétrer ainsi dans le tunnel pour gagner la maison. Début juillet, le tunnel était terminé et les occupants de la maison l’avait quittée.

Le 5 juillet, Berkman se rendit à l’écurie pour s’apercevoir que l’entrée du tunnel se trouvait sous un énorme tas de briques et de pierres,apportées là récemment. Tous ces efforts avaient été inutiles.Le tunnel ne fut découvert que le 26 juillet mais les autorités pénitentiaires furent incapables d’identifier formellement Berkman comme complice et bénéficiaire du plan d’évasion, mais il fut néanmoins mis à l’isolement sous constante surveillance, privé de courrier et de visites pendant près d’un an.

Le 18 juillet 1901, Berkman tenta de mettre fin à ses jours en se pendant dans sa cellule avec un drap. Il fut sauvé d’extrême justesse par un gardien. Le 5 août 1901, il reçut sa première visite depuis neuf ans.

A New York, Goldman défend toujours l’acte de Berkman, souvent à l’occasion de meetings des autonomistes. En décembre 1892, elle y rencontre un anarchiste autrichien Edward Brady. Celui-ci avait été condamné à huit années de prison en Autriche pour avoir publié de la littérature anarchiste illégale. A sa libération, il avait émigré aux États-Unis .

Sous la direction de Brady, qui avait appris l’anglais et le français durant sa détention, Emma lut les classiques de la littérature française et anglaise . Elle avait quitté le domicile de sa grand-mère , après avoir cherché longtemps un appartement. La tâche était rendue difficile par la surveillance constante de la police dont elle faisait l’objet, ce qui rebutait les bailleurs. Il lui arrivait parfois de devoir dormir dans des tramways ou dans des jardins publics.Elle s’installa finalement dans un appartement de 2 pièces dans un immeuble appelé la Bohemian Republic.

A l’été 1893, l’Amérique connaissait une sévère crise économique, commencée en février, avec près de 4 millions de chômeurs. Goldman organisa des rassemblements et manifestations de rues dans le Lower East Side. Le 21 août, elle était à la tête d’un cortège d’environ 4 000 manifestants qui défilèrent de Orchard Street à Union Square où elle prit la parole :

“Avez-vous conscience que l’état est votre pire ennemi ? C’est une machine qui vous écrase afin d’entretenir la classe dirigeante, vos maîtres. . . . Vos voisins — ils ne vous ont pas seulement volé votre pain mais ils sucent aussi votre sang. Ils vont continuer en vous volant, vous, vos enfants, les enfants de vos enfants, à moins que vous ne vous réveilliez, à moins que vous ne deveniez assez audacieux pour réclamer vos droits. Bon, alors, manifestez devant les palais des riches. Demandez du travail. Si ils ne vous en donnent pas, demandez du pain. Si ils vous refusent les deux, prenez le pain. C’est votre droit sacré!” 12

‘Une pauvre façon d’obtenir du pain »

Le lendemain du rassemblement à Union Square, le 22 août, Goldman se rendit à Philadelphie pour y organiser des rassemblements. Elle y rencontre pour la première fois Max Baginksi et Voltairine de Cleyre. Mais lorsqu ‘elle s’apprête à donner une conférence à Buffalo Hall le 31 août, elle est arrêtée, suite à un mandat d’arrêt lancée contre elle après sa prise de parole à Union Square. Elle est détenue 10 jours à Philadelphie avant que d’être extradée vers New-York où elle est accusée d’incitation à l’émeute. Elle est libérée sous caution le 14 septembre et son procès est fixé au 4 octobre.

The World 18 octobre 1893

Elle est condamnée le 9 octobre à un an de prison à Blackwell’s Island.

Le 16 décembre, un concert et un bal de soutien est organisé à New York. Voltairine de Cleyre y prend la parole : « In Defense of Emma Goldman and the Right of Expropriation. »

Washington Times 20 mai 1906

 

Elle en sortit le 18 août 1894, sa peine ayant été réduite à 10 mois pour bonne conduite. Elle avait maintenant 25 ans. Le lendemain de sa libération, une réception avait été organisée par ses amis, où assistèrent plus de 3 000 personnes. Elle s’installa avec Ed Brady dans un appartement de la Onzième Rue Est, ou elle eut souvent la visite de Modska Aronstam, devenu un dessinateur reconnu qui travaillait pour The World et quelques autres grands journaux de New-York. Il s’installera un temps avec eux.

Durant son incarcération, Goldman avait travaillé comme assistante du Dr. White et elle mit à profit ses connaissances acquises pour occuper un emploi d’infirmière auxiliaire. Elle faisait des gardes au Beth-Israel Hospital et le Dr. White l’employait quelques heures par jour dans son cabinet de Manhattan. Brady lui suggéra d’aller suivre une formation d’infirmière dans un hôpital renommé de Vienne, le Allgemeines Krankenhaus.

Elle prit le bateau pour l’Angleterre le 15 août 1895, sous le nom de E. G. Brady. A Londres et à Leeds, elle prit la parole devant d’importantes foules. Elle y rencontre Errico Malatesta, Max Nettlau, Louise Michel et surtout Pierre Kropotkine, qui l’invita chez lui.

Après un bref séjour en Écosse, elle quitta l’Angleterre fin septembre pour Vienne où les cours commençaient le 1er octobre. A Vienne, ses temps de loisirs étaient consacré à la découverte de la récente littérature européenne et du théâtre. Elle assista également à des conférences de Sigmund Freud. En mars 1896, elle obtint deux diplômes , celui d’infirmière et de sage-femme. Elle se rendit ensuite à Zurich et Paris, avant que de reprendre le bateau pour New-York en avril où elle reprit son travail d’infirmière et de sage-femme, sa nouvelle qualification. A ce titre, des femmes lui demandaient parfois de pratiquer des avortements, ce que refusait de faire Goldman. Non pas sur un plan éthique, ni par respect pour la loi, mais parce que sa formation l’avait mise en garde contre les dangers pour la patiente de cet acte pratiqué dans la clandestinité, car illégal.

En avril 1896, elle revient à New York où elle travaille comme infirmière et sage femme.

L’année suivante, elle organise une tourné de conférences dans 18 villes de septembre à décembre. Le 7 septembre 1897, elle est arrêtée lors d’une réunion en plein air à Providence et emprisonnée pour la nuit. Elle doit quitter la ville sous vingt-quatre heures ou être condamnée à trois mois de prison.

En janvier 1899, Goldman met fin à sa relation avec Edward Brady.

De fin janvier à septembre, elle effectue une tournée de conférences qui la conduit dans 11 états. Puis le 3 novembre, elle embarque pour l’Europe. Elle donne plusieurs conférences à Londres, où elle rencontre Hippolyte Havel, ainsi que dans plusieurs villes de Grande-Bretagne

Début mars , elle quitte l’Angleterre pour la France avec Hippolyte Havel, où elle doit assister au Congrès International Antiparlementaire. Le congrès n’aura jamais lieu, interdit par le gouvernement français.1

En décembre, elle rentre à New York accompagnée de Hippolyte Havel


Note

1 Sur Homestead  Racines et Branches et The Battle of Homestead Foundation

2 Carl Nold 1869 – 1934 . D’origine allemande, il avait émigré aux États-Unis en 1883 où il se lia avec Johan Most . Après sa libération en mai 1897, il devint un membre très actif du Comité de défense de Berkman et participa en 1899, avec H. Bauer et Eric B. Morton, à une tentative pour faire évader Berkman de prison. Il collabora à différents journaux anarchistes. Voir son article sur Kate Austin  Man! vol. 2 No. 6-7 Juin-Juillet 1934.

Henry Bauer Né en Allemagne en 1861 – mort à Pittsburgh en 1934, avait émigré aux États -Unis en 1880. Après sa libération, il fut nommé secrétaire du Comité de défense de Berkman et collabora à différents journaux anarchistes

3 Johann Most  Emma Goldman American Mercury. Juin 1926

4 Le Révolté 25 décembre 1880

5 Sur la propagande par le fait voir, entre autre, « La science anarchiste  » Daniel Colson

6 Johann Most, 23 avril 1892, cité dans Sasha and Emma : the anarchist odyssey of Alexander Berkman and Emma Goldman / Paul et Karen Avrich. The Belknap Press of Harvard University Press 2012 p. 89

7. Berkman, Prison Memoirs, 51, cité dans Avrich p.75 Berkman se réfère à Clifford sous le nom de Jack Tinford

8 Alexander Berkman à Emma Goldman, 19 octobre 1892, Berkman, Prison Memoirs, 136. cité dans Avrich p.79

9 Die Autonomie, 24 septembre 1892 cité dans Avrich p. 91

10 Goldman, Living My Life, 114. cité dans Avrich p. 84

11 Berkman, Prison Memoirs, 61, 91, cité dans Avrich p. 91-92

12 Voir Septembre 1900 : La fusion entre l’anarchisme et la gauche du socialisme échoue