Harry Weinberger

Source: Speech of Harry Weinberger Chicago 17 mai 1940

J’ai connu Emma Goldman depuis plus de trente ans,comme son avocat et son ami. Je ne l’ai jamais connu durant ces trente années autrement que comme une combattante pour la liberté et la justice. Elle était infatigable, elle était sans crainte, elle était sans compromission. La liberté a toujours été son motif; la liberté a toujours été son rêve ; la liberté a toujours été son but.

A l’ère de la machine, Emma Goldman m’est toujours apparue comme la glorification de l’individualité. Elle était le symbole de la grandeur de la liberté de l’esprit à un âge de régimentation.

La crainte est dans les cœurs de l’humanité et quelques hommes et femmes, dans leur hâte à sauver le monde, s’en écarte en toute liberté pour combattre la dictature. Dans un monde de formidables luttes et de défilés, manque une marcheuse, une combattante de la liberté qui ne combattra plus. L’appel pour la liberté a été répété un millier de fois, oui, dix mille fois, mais doit toujours l’être. Il y a une voix de moins aujourd’hui pour le faire.

Emma Goldman nous a quitté, est partie pour un sommeil sans rêve, pour rejoindre cette armée d’hommes et de femmes du passé, pour qui la liberté était plus importante que la vie elle-même.

Durant sa vie, Emma Goldman a été ostracisée, emprisonnée, attaquée et déportée loin de ce pays pour s’être fait l’avocate de ce que tout le monde aujourd’hui reconnaît comme souhaitable – un monde sans guerre, un monde sans pauvreté, un monde d’espoir et de fraternité.

Le courage est la plus grande force chez les individus et les nations.Pour Emma Goldman, le courage était aussi naturel que le fait de respirer. Elle a dénoncé, dans ce pays la guerre et la conscription et est allée en prison. Elle a défendu les prisonniers politiques et a été déportée le jour même où nous célébrions le Mayflower de l’époque coloniale.En Russie, elle a dénoncé le despotisme du communisme et est devenue une nouvelle fois une fugitive aux yeux du monde. Elle a dénoncé le nazisme et son association avec le communisme et il y a avait peu d’endroits où elle pouvait vivre.

Emma Goldman, nous sommes heureux de t’accueillir à nouveau en Amérique où tu voulais finir ta vie auprès de tes amis et camarades– mais nous te retrouvons morte. Tu vivras à jamais dans les cœurs de tes amis et l’histoire de ta vie survivra aussi longtemps que l’on racontera les histoires d’homme et de femmes courageux-ses et idéalistes.

Traduction R&B