Sur la Piste (1)

Texte original : ON THE TRAIL Mother Earth Vol 5, n°11 Janvier 1911

A nouveau sur la Piste .Quels que soient les obstacles et les difficultés qu’elle peut présenter, elle n’est jamais monotone. Chaque jour apporte de nouvelles expériences qui sont, après tout le seul sel de la vie .

Emportée par la folie du vingt et unième siècle durant les derniers deux mois à New York, afin de publier »Anarchism and Other Essays » et d’aider à l’inauguration du Centre Ferrer, j’ai été occupée chaque minute, quittant New York aussitôt après la cérémonie d’inauguration, le 5 janvier, sans même avoir la possibilité de prendre congé de mes chers collègues.

Notre tournée annuelle a commencé à Rochester le lendemain soir. La réunion laissait beaucoup à désirer sur de nombreux aspects mais le public était bon et attentif, ce qui s’est vu avec l’intense intérêt démontré lors du sujet sur Tolstoï et l’enthousiasme pour la documentation dont une quantité considérable a été vendue. Mais le résultat le plus appréciable a été les articles inhabituellement élogieux dans les journaux du 7 janvier. Le combat de vingt ans pour dissiper les idées reçues concernant l’anarchisme n’a pas été vain si il a aidé à gagné un traitement sérieux et respectueux de la part de quelques journaux.

Buffalo est encore maintenu sous la crainte par le fantôme de McKinley, qu’invoquent notamment l’Église catholique et la presse à chaque fois que je viens dans cette ville. Il n’existe sans doute pas beaucoup de villes dans l’état de New York aussi totalement réactionnaires que Buffalo, commeen témoigne le manque d’intérêt pour toutes les idées radicales.

Les réunions ont attiré peu de monde mais la tolérance et la générosité d’un petit groupe d’amis a permis de rendre la froideur moins pénétrante. Je conserve précieusement le souvenir de mon séjour avec le Dr. Gustav et Jean Pohl, comme l’une de mes quelques joies dans ma vie de propagandiste.Leur grande hospitalité, leur magnifique simplicité et leur absence de toute hypocrisie m’ont fait oublier entièrement la faible audience de nos réunions.

Mais la Piste est devant moi et je ne dois pas m’arrêter. D’ici, nous nous rendons à:

Pittsburg, le 14 janvier.
Cleveland, le 15 janvier. Conférences en anglais l’après-midi et en soirée au Pythian Temple. En yiddish le 16 janvier.
Columbus, le 17 et 18 janvier, réunions au RedLion Hall,335. High St.
Cincinnati, les 20, 21 et 22 janvier, au Odd Fellows Temple; le 22 janvier, deux conférences, en après midi et en soirée .
Indianapolis, les 23, 24 et 25 janvier,pour lancer une campagne en faveur de la liberté d’expression.

La police pense encore qu’une tournée sans ingérence manquerait de charme. Son Auguste Altesse, lechef de la police de Indianapolis, a décidé de ne pas me laisser parler.

Le 27 janvier, je serai à Dayton, ma première visite dans cette ville. Le 29, à Toledo; deux réunions, l’après-midi et en soirée au Meredith Hall. Le 31 janvier, les 1er, 2, 3 et 5 février à Detroit. Trois réunions auront lieu au Stabbler Hall, 257 Beaubien St. Le 3 février, en allemand, et le 5 février, en après-midi et soirée, en anglais au Freeman’s Hall, 292 Hastings St. Le 4 février, nous ferons face à nouveau à la colère des étudiants à Ann Arbor. Nos amis de Detroit, qui placent la propagande au-dessus des griefs personnels aideront matériellement en distribuant des tracts. Ceux-ci peuvent être commandés auprès de l’imprimeur, Mr. Dreier, 149 Monroe Ave. Les 6 et 7 février, nous pensons visiter Jackson et les 8 et 9 février, Grand Rapids, deux nouvelles villes sur notre liste. Du 12 au 19 février, nous serons à Chicago, au Hodcarriers Hall, Harrison and Halsted Sts. Le 12 février, conférences l’après-midi et en soirée conférences,ainsi que les 13, 14, 15 et 16. Le 17 février ,je parlerai en yiddish, le 19, deux réunions en anglais, les lieux seront précisées plus tard. Nos amis de Chicago souhaitant faire connaître mes conférences peuvent obtenir des tracts par courrier ou auprès du Dr. J. Greer, 52 Dearborn St.

La Piste est longue et m’appelle d’urgence. Il existe une grnde et difficile tâche a effectuer pour celles et ceux qui le souhaitent. Je serai heureuse de collaborer avec des amis où qu’ils soient.

Emma Goldman.

P. S. — On peut m’écrire dans toutes les villes en poste restante.

Traduction R&B